Comment calculer la fréquence cardiaque avec un ECG ?





Tracé ECG d'un patient




L’examen d’électrocardiographie (électrocardiogramme) est essentiel pour mesurer l’activité cardiaque d’un patient sur une période donnée. L’ECG permet de vérifier l’état de santé du cœur, en vérifiant le rythme cardiaque, en mesurant la taille des ventricules ainsi que leur positionnement. Cet examen est prescrit en cas de suspicion de malformation cardiaque ou dans le cadre d’un suivi cardiologique. Lors d’un ECG, plusieurs méthodes différentes sont possibles pour calculer la fréquence cardiaque du patient. Quelles sont ces différentes méthodes ? Retrouvez-les au sein de cet article.

Le calcul de la fréquence cardiaque lors d’un électrocardiogramme est primordial dans le cadre du diagnostic et/ou du suivi d’un patient. En effet, la détection d’arythmies cardiaques, telles qu’une bradycardie (fréquence trop lente) ou d’une tachycardie (fréquence trop rapide) peut permettre de détecter une pathologie grave.

Plusieurs méthodes permettent d’effectuer ce calcul. Ces différentes méthodes doivent être connues par le personnel soignant afin de pouvoir vérifier l’analyse automatique de l’appareil.


Calculer la fréquence cardiaque avec la méthode des 300



La méthode des 300 est la méthode la plus utilisée pour le calcul de la fréquence cardiaque. Cela est dû au fait que ce soit la méthode la plus rapide. Il faut cependant savoir que si cette méthode permet d’obtenir une bonne estimation de la fréquence cardiaque, elle est tout de même moins précise que les autres, et la réalisation d’un tracé régulier est nécessaire.

Pour utiliser cette méthode, il faut utiliser le quadrillage du papier ECG. Pour ce faire, rappelons que le papier ECG est un papier millimétré sur lequel chaque petit carreau mesure 1 mm et que tous les 5 petits carreaux, une ligne plus épaisse est présente pour définir un grand carreau de 5 mm.

Cette méthode s’appuie sur la série de chiffres suivantes : 300, 150, 100, 75, 60, 50, 43, 38, 33, 30. Chaque chiffre de cette suite représente la fréquence équivalente à une augmentation de 1 carreau sur 1 minute. En sachant qu’un grand carreau correspond à 0,2 secondes, la fréquence cardiaque peut être estimée en comptant le nombre de carreaux.

Pour démarrer, il faut se baser sur l’intervalle entre deux ondes. Cela permettra d’estimer la fréquence. Le calcul peut commencer à être fait dès lors qu’une onde R ou S¹ coïncidant avec le trait d’un carreau est repérée. Il suffira ensuite de compter le nombre de grands carrés présents dans l’intervalle entre les 2 ondes puis de se référer à la série de chiffres afin d’estimer la fréquence cardiaque.



Méthode des 300



Exemple :

Exemple Méthode des 300 - ECG


Dans cet exemple, il y’a un peu plus de quatre grands carreaux d’intervalle entre les ondes. Cela permet donc d’estimer une fréquence cardiaque à 75 battements par minute.


Calculer la fréquence cardiaque avec une règle ECG




Cette méthode est la plus précise de toutes. En revanche, il est nécessaire d’avoir une règle ECG afin de pouvoir l’utiliser. La règle pour ECG permet de mesurer et vérifier les paramètres comme les complexes QRS², les segments ST³ et les différents types de rythmes cardiaques.

Cette méthode de mesure se pratique généralement sur un intervalle R-R, mais peut également être faite sur un intervalle S-S. Il faut ensuite regarder les graduations de la règle par rapport à l’onde S ou l’onde R afin d’obtenir la fréquence cardiaque.



Utilisation de la règle pour ECG



Calculer la fréquence cardiaque avec la méthode des 6 secondes




Les méthodes précédemment citées permettent de calculer la fréquence cardiaque uniquement si le rythme est régulier.

La méthode des 6 secondes est utile pour calculer la fréquence cardiaque en cas d’arythmie. Cette méthode est très simple à utiliser et convient à tous les types de tracés. Elle consiste à compter le nombre de complexes QRS contenus dans 30 grands carreaux, soit l’équivalent de 6 secondes. En multipliant le nombre de complexes QRS obtenus par 10 (doit 60 secondes), la fréquence cardiaque est estimée.

Pour ce faire, il faut commencer par repérer un complexe QRS intégral puis de tracer une marque sur le trait épais précédent ce complexe. Il faut ensuite tracer une deuxième marque 30 grands carreaux plus loin et multiplier le nombre de complexes présents dans l’intervalle par 10.



Exemple :

Si on compte 17 complexes QRS dans les 30 grands carreaux (soit 6 secondes), la fréquence cardiaque estimée est de 170 BPM.



Exemple de la méthode des 6 secondes ECG




Calculer la fréquence cardiaque grâce à l’intervalle entre 2 complexes QRS




Sur le papier ECG, un petit carreau d’1 mm représente 40 millisecondes. L’intervalle entre 2 complexes QRS va alors permettre de calculer la fréquence cardiaque.

Si l’espace entre les 2 complexes QRS est constitué de 15 petits carreaux, alors on sait que l’intervalle est de 600 millisecondes (15×40). Sachant qu’une minute est composée de 60.000 millisecondes, on peut obtenir la fréquence cardiaque grâce au rapport entre le nombre de millisecondes par minute et le nombre de millisecondes entre les 2 complexes. Le calcul est donc le suivant : 60.000 / 600 = 100. La fréquence cardiaque du patient est alors de 100 BPM.


Les repères en termes de fréquence cardiaque




Afin de pouvoir juger si la fréquence cardiaque du patient est normale, il est primordial de connaître les repères en termes de fréquence cardiaque. Lorsque le patient est au repos, sa fréquence cardiaque se situe entre 50 et 90 BPM. Si la personne possède une bonne condition physique, la fréquence cardiaque au repos pourra même descendre jusqu’à 30 BPM.

La fréquence cardiaque n’est pas la même tout au long de la journée. Elle diminue donc forcément au cours de la nuit. Par ailleurs, chez les femmes, la fréquence cardiaque est un peu plus rapide que chez les hommes. Le moment de la journée et le genre ne sont pas les seuls facteurs qui modifient la fréquence cardiaque : on peut également prendre en compte les processus inflammatoires, ou le système nerveux autonome entre autres.

La fréquence cardiaque est liée à l’espérance de vie : on constate que plus la fréquence cardiaque de repos est élevée, moins l’espérance de vie sera bonne pour la plupart des organismes. C’est ce lien qui amène les scientifiques et professionnels de santé à s’inquiéter pour la santé cardio-vasculaire lorsque la fréquence cardiaque de repos est élevée.



La précision, un atout essentiel pour un ECG




Afin de pouvoir calculer la fréquence cardiaque de la manière la plus réaliste possible, il est nécessaire d’avoir un tracé ECG précis. Cela passe par un bon positionnement des électrodes, et par la présence d’appareils ECG rigoureusement sélectionnés. Ces deux éléments sont essentiels afin de pouvoir obtenir le meilleur tracé possible.

La gamme d’ECG Philips, distribuée par AVF Biomédical, accompagne le personnel soignant dans la mesure et le suivi de l’activité cardiaque du patient. Le fort niveau de précision de chacun des ECG de la gamme permet de faciliter la prise de décision du personnel au quotidien. Par ailleurs, la navigation d’un ECG de la gamme PageWriter TC à un autre est facilitée grâce l’intuitivité des interfaces tactiles et des plateformes communes à tous ces appareils en termes de logiciels.

Le système de gestion des électrocardiographes Philips Intellispace ECG offre la possibilité de modifier et/ou consulter les tracés ECG à tout moment. La comparaison automatique des tracés en cours et antérieurs (même pour des tracés provenant de systèmes d’autres marques) permet de réaliser une prise en charge adaptée et proactive de chaque patient.

Gamme électrocardiographes Philips










¹ Sur un tracé typique, cinq ondes caractéristiques sont visibles : ces ondes sont nommées P, Q, R, S, T. L’onde P représente la dépolarisation lorsque les oreillettes se contractent. L’onde T, elle représente la fin de la repolarisation ventriculaire.

² Le complexe QRS représente la dépolarisation et la contraction ventriculaire. C’est l’élément le plus visible et le plus grand sur le tracé ECG.


³ Le segment ST intervient directement à la suite du complexe QRS. L’analyse de ce segment est importante puisqu’il permet au médecin d’obtenir des informations, notamment en cas de risque d’infarctus.




Les ondes d'un ECG